Tranche de vie

Quelques nouvelles en pagailles

En 30 jours j’ai posté entre 7 et 8 vidéos sur la chaîne, j’étais dans une humeur très productive, j’avais envie de partager et de parler devant ma caméra. Pourtant, le semi-confinement n’était pas vraiment un facteur, car je n’avais pas forcément plus de temps à moi. J’ai commencé les formats “tranches de vie” pour papoter un peu de temps en temps, et réunir en une seule vidéo tous ces rushs. C’est le format fourre-tout, parfait. 

Mais là, toute motivation est retombée. Les fameux creux de la vague qu’on se prend en pleine face plusieurs fois dans l’année. C’est qu’un passage à vide. Je le sais. Il va passer, comme les autres. 

Peut-être qu’il est un peu là à cause du temps que je prends pour enregistrer, monter et poster les chapitres tous les jours de Un parfum glacé. C’est très motivant comme exercice, mais je suis aussi terriblement angoissée. Maintenant que la machine est lancée, je ne me vois pas revenir en arrière, mais partager cette histoire avec “le monde” m’a révélé quelque chose dont je n’avais pas totalement conscience : je ne suis pas faite pour partager mon travail (j’entends ce genre de travail, pas celui des avis ou des blabla sur Youtube). Là c’est un travail à deux, et les retours que les auditeurs nous font je ne les lirais pas seule, car je n’en ai pas le courage. C’est fou. Je suis tiraillée entre plusieurs émotions. À la fois je suis reconnaissante pour les retours (dont je n’ai lu qu’une minuscule partie), car c’est ce qui va nous permettre de repenser totalement cette histoire. Revoir des passages, changer des professions, et polir certains personnages. Et rien que de nous imaginer, ma mère et moi, en train de travailler là-dessus, me réjouis. Et de l’autre côté, je sais que je suis très à fleur de peau concernant cette aventure. Susceptible dès que des retours sont faits en montrant là où ça coince. Car alors qu’on a suées 2 ans sur cette intrigue, en quelques lignes quelqu’un peut tout remettre en question. Et j’en souffre comme j’en ressors grandi. 

Il y a quelques semaines j’ai commencé à bouquiner le bouquin sur l’hypersensibilité de chez Marabout. Depuis des mois qu’il est dans ma bibliothèque, je repoussais la lecture encore et encore. J’y trouve pas complètement mon compte, certaines choses me parlent, d’autres non. Mais une chose est ressortie plus que les autres : l’être hypersensible, à force de se connaître, et de savoir comment il fonctionne, va pouvoir éviter ou affronter certaines situations qui ne va pas faire augmenter son hypersensibilité, son stress et ses angoisses. C’est bien sûr à prendre au sens large, pas tous les hypersensibles fonctionnent sur le même principe, bien au contraire (et oui, ça sera un sujet de discussion en fin de Renardises, très bientôt). Mais je me suis revue dans ce statut d’autrice qui partage son projet, et la boule qui se forme dans mon ventre dès qu’un mail arrive dans ma boîte portant l’objet : retour sur Un parfum glacé, me prouve que je ne suis pas complètement prête. Des jours oui. Des jours non. Mais surtout et souvent, beaucoup d’angoisse. 

Les deux situations doivent se compléter, car elles doivent aller ensemble dans ce cas précis. Nous avons choisi de partager cette aventure et son résultat. Nous voulions avoir des avis pour le faire avancer et c’est ce que nous allons recevoir. Ce qui implique que forcément, il y aura des retours parfois difficiles, bien que bienveillants. Et qui dit roman, dit lecteurs, et qui dit lecteurs dit avis… et on ne peut pas vouloir l’un sans avoir l’autre. C’est une équation que je pensais connaître par cœur, parlant moi-même à longueur de temps de mes avis lectures. Et donc quand les rôles s’inversent on pense savoir, on “sait” que les gens vont disséquer notre intrigue, nos personnages, et tous ces petits détails qu’on ne voit presque plus après tout ce temps. Mais je n’ai pas vraiment réussi à savoir tout en prenant le recul nécessaire. 

Donc on en est là. J’ai un ascenseur émotionnel qui ne fait que monter et descendre à longueur de semaine. Et qui ne me donne pas envie de parler face caméra, qui ne me donne pas envie de faire des stories, des postes. La seule chose que j’avais envie de faire c’était ça, tout poser sur mon clavier, le laisser absorber, un peu dans n’importe quel ordre, tout ce qui se passe dans ma tête. 

Et en plus on déménage cet été. Ce qui est génial, mais ajoute du stress, dont on se passerait bien. Cette idée que tout doit se succéder parfaitement, pour que le puzzle soit nickel à la fin. Les changements d’adresses, récupérer des trucs à droite, à gauche, gérer les visites de l’appartement actuel, etc. 

Ce qui est sûr, c’est que le mois de juillet, à part bosser, lire et passer du temps avec les miens, je me la coule douce. Je profite de notre nouveau chez nous. Je ne lis pas forcément mes mails à temps, n’y répondrais pas plus vite. Et… je crois que le monde s’en portera pas trop mal. 

L’avantage de ne pas vivre de cette activité, c’est qu’on tire la prise quand on veut, et on peut choisir de la rebrancher, ou non. Et ce, sans avoir à se justifier. L’article en question n’est d’ailleurs pas un justificatif de cette “pause”, c’était une envie de déverser tout ce qui se passe dans ma tête. Vous le faites aussi ? Ecrire. Publiquement ou de façon privée. C’est bien égal finalement. D’ailleurs, si je choisis l’article pour papoter aujourd’hui, c’est pas pour rien, il est moins suivi, moins lu, comme une sorte d’intimité tout de même. 

C’est aussi l’occasion de savoir comment vous allez ? A travers mes nouvelles, j’aime en avoir de vous. 

16 réflexions au sujet de “Quelques nouvelles en pagailles”

  1. Oh Margaud c’est touchant tour ce que tu écris et c’est aussi tellement compréhensible… faire découvrir quelque chose que l’on tient particulièrement à cœur et souvent un pas difficile avec toute l’appréhension que cela comporte.
    Je suis une incontournable auditrice de ton roman “Un parfum glacé “ et c’est un moment de chaque matin qui m’accompagne avec un immense plaisir et de réaliser que bientôt ce sera la fin du roman me mets déjà dans une certaine nostalgie (moi qui suis une vraie incorrigible routinière) mais je me réjouis d’avoir le fin mot de cette histoire si pleine de secrets de famille … J’Adore !!!
    Et puis on a tous le droits de ne pas être au mieux de notre moral et c’est comme ça… finalement nous ne sommes pas des robots !
    Je te souhaite tout d’abord un bon déménagement avec tout ce que cela implique de travail et ensuite de profiter de ne faire que ce que tu souhaite faire pour toi et tes proches, en un mot, Profite
    Merveilleuses lectures et à une toute prochaine 😊

    Laura de Suisse à Lausanne (et qui te suit depuis longtemps) 😘

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  2. Coucou Margaud !
    C’est la première fois que je t’écris un commentaire mais tes mots résonnent tellement pour moi, aussi hypersensible…Un livre m’a beaucoup aidé est celui de Else Marie Bruhner « Hypersensible et alors? ». Je te souhaite plein de courage pour votre déménagement et une belle continuation pour tes projets !
    Rebecca

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  3. Chaque partage fait forcément peur, d’autant plus si c’est un nouveau projet et que tu l’as élaboré avec quelqu’un de cher à ton coeur. Ce qui m’a poussé à écouter ton livre c’est non seulement l’aspect audio qui m’a intrigué (c’est une grande première pour moi) mais c’est aussi parce que c’est toi qui l’as (en partie ) écrit et toi qui le lis. Cela ne doit pas te mettre la pression, bien au contraire. J’écoute ce roman pas uniquement pour l’histoire mais surtout par curiosité, parce que je te suis depuis longtemps et donc que ce livre audio a une saveur particulière. Bon courage pour ton déménagement et bien que j’aime énormément tes vidéos, prends le temps, du temps pour toi et pour tes proches

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  4. Coucou Margaud,
    Je peux comprendre un petit peu ce que tu ressens, et je pense que les creux de vagues ont aussi leur « avantage », c’est l’occasion de revenir à l’essentiel pour soi et de se ressourcer.
    Je te souhaite tout de bon dans ton déménagement et un très beau début d’été 😊
    Jade

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  5. Bonjour Margaud! Tu as bien raison. J’ai également beaucoup de mal à partager ce que j’écris, que ce soit des articles plus ou moins profonds, des contes ou des nouvelles. Je pense qu’il y a toujours cette boule au ventre, et une autre dans la gorge. Mais elles existent aussi dès qu’on se met en avant alors qu’on n’est pas forcément calibré.e pour ça. J’ai toujours été vue comme sociable et sociale. Mais en réalité, je suis assez introvertie et cette sociabilité me demande énormément d’efforts. Bravo pour ton travail. (J’écoute Un Parfum aussi, j’écrirai un mail quand j’aurai fini!

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  6. Coucou Margaux, le rythme de ma vie a changé avec le confinement. On a revu certaine chose dans nos vies mais on tente de reprendre le rythme d’avant. Forcément ça marche pas vraiment, je crois qu’on va devoir se roder encore un peu.
    Je comprends ton point de vue sur Parfum glacé. Je ne lis pas ce genre de livre, mais je dois avouer que chaque mercredi tu me racontes cette histoire pendant que je travaille. J’ai du positif et du négatif à dire dessus mais plus parce que je ne connais pas bien ce genre que parce que je n’aime pas.
    Je te raconterai tout ça à la fin.
    Bonne continuation et bon courage pour ton déménagement !

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  7. Bonjour Margaud,

    Cela me fait plaisir d’avoir de tes nouvelles, sous ce format ou un autre, peu importe.
    Je comprends ton silence, et je comprends ton angoisse. J’imagine que c’est un moment que rencontrent tous les écrivains et les artistes au sens plus large du terme. Créer une œuvre, la laisser maturer puis la dévoiler, un moment auquel elle n’appartient plus vraiment à son créateur.´C’est un exercice difficile, alors je te souhaite beaucoup de courage.
    Je t’ai écrit un mail au bout de quelques chapitres, je comprends mieux ton silence maintenant 🙂 j’espère que tous les avis que tu recueilleras permettra de faire grandir cette histoire. Et si je peux me permettre, je pense que même les plus bienveillants ne sont parfois pas à prendre en compte, si ça s’éloigne trop de ce que tu souhaites créer.
    J’espère que ton déménagement se passera bien et que tu seras plus paisible dans ton nouveau chez toi. J’étais très contente quand tu nous as annoncé la nouvelle et je suis très heureuse pour toi. Ça me fait un peu rêver, j’ai hâte de me trouver un vrai chez moi et une stabilité !
    J’espère aussi que ton nouveau travail te plaît et te permet de t’épanouir.

    A très bientôt j’espère
    Méli de Lectures

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  8. Bonjour Margaud,
    Juste un petit mots comme ça. Reposez vous, profitez des votre, laissez vous vivre. En espérant que cette « pause » vous fera le plus grand bien. En attendant de vous retrouver j’irai peut-être revoir certaines de vos vidéos.
    Bonne journée, bon courage pour votre déménagement.
    Aurevoir
    Amandine

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  9. Bonjour Margaud,

    Ce petit mot juste pour dire que, moi qui n’avais jamais tenté le format audio pour un livre, je voulais absolument écouté « un parfum glacé ».
    Je ne vous ferai pas de retour par mail car je savoure cette histoire comme elle est et très bien racontée par ta douce voix.
    J’écoute environ 2 fois par semaine pour avoir 3 ou 4 chapitres d’un coup.

    Prends soin de toi durant cet été.

    Pauline

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  10. Ce que tu racontes dans cet article résonne tellement en moi ! Je suis exactement dans une phase où je reçois des retours sur ce que j’ai écrit (a moindre échelle, il ne s’agit que de bêta-lecteurs) et c’est aussi le yoyo émotionnel à chaque retour… et pourtant je sais que j’ai voulu ça, et que la plupart des retours vont m’aider à avancer… mais malgré tout, il y a un petit stress.
    On a le droit de pas toujours avoir envie de partager. Il faut se ménager… bonne suite à toi.

    Aimé par 1 personne

  11. Bonjour Margaud,

    Ton article est très touchant et je comprends un peu ce que tu ressens étant moi même en « creux de la vague », mais cela est aussi positif afin de ce recentré sur sois même et de voir ce qu’on veut ou peu amélioré. en tout cas je te souhaite une bonne journée, repose toi bien et courage pour ton déménagement ^^

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  12. Bonjour Margaud,

    J’ai commencé à écouter votre histoire avec grande attention et pour l’instant avec grand plaisir! Je m’attache à vos personnages, je suis pour l’instant vraiment captivée par l’histoire que vous avez construite avec ta maman, donc que du positif pour ma part! Bravo encore! Ne lâchez rien!

    De plus, je me suis moi-même lancée dans l’écriture d’une histoire, qui je l’espère deviendra au fil des mots, un roman. Et, comme tu le dis si justement, ce n’est que lorsque l’on passe de l’autre côté du livre, à savoir du côté de « l’auteur », que l’on réalise à quel point l’écriture est à la fois une expérience merveilleuse, mais parfois douloureuse, aussi. Car rien n’est évident lorsqu’il s’agit de raconter une/des histoires, de créer des personnages, et de coucher les mots « justes » sur le papier…

    Je comprends donc tout à fait ce que tu ressens lorsque tu dois faire face à des retours plutôt mitigés, voire négatifs sur votre histoire… Pas toujours évident lorsque l’on y a consacré des mois, voire des années, et que l’expérience est finalement très « intime »… Mais je pense que ces commentaires et ces retours peuvent aussi nous aider à évoluer, et à avancer en tant qu’auteurs/autrices.

    Très bel article en tout cas, et analyse très juste en ce qui concerne le process de l’écriture.

    Bonne continuation à vous deux, ainsi qu’à ta famille!

    Et j’attends avec impatience le moment où tu nous annonceras la sortie de votre roman en format papier!!! 😉

    LCPL (Le Chat Pitre Lit)

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  13. coucou Margaud, je comprends exactement ce que tu ressens à propos « d’un parfum glacé » j’ai moi aussi tenté d’écrire un roman « à quatre mains » mais quand la personne qui me secondait est décédée j’ai arrêté d’écrire. Pourtant les personnages et l’histoire sont encore ancrés dans ma mémoire. j’espère pouvoir m’y remettre un jour avec quelqu’un de confiance…
    Avec ta maman, vous avez fait un sacré bon boulot, et je suis triste à l’idée que cette histoire s’arrête bientôt bises Elodie Balzer

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  14. Coucou Margaud, je te comprends parfaitement et je serais d’autant plus ravie de te voir à nouveaux sur les écrans lorsque l’envie sera revenue 🙂
    Je vous souhaite un bon déménagement à tous les trois, non cinq ! Et bel été 🙂

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  15. Coucou Margaud,
    J’ai fini d’écouter ton histoire hier, et j’ai adoré, ces trois derniers mois, suivre cette aventure, parfois 10 épisodes d’un coup, parfois quotidiennement. Le concept m’a beaucoup plu, et moi qui ne lis presque pas de secrets de familles, j’ai été séduite.
    Bon déménagement !

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  16. Bonjour Margaud… Je vois tout à fait ce que tu entends par « le creux de la vague ». Pendant le confinement j’ai refait mon blog, été beaucoup plus active sur Instagram… Mais il y a toujours un moment où on se démotive un peu et la lassitude reprend le dessus !
    Pour une fois j’ai décidé de ne pas me laisser abattre, et d’accepter que je ne peux pas être créative tout le temps. Parfois ça arrive, et dans ces cas-là je vais essayer de plus m’écouter.
    J’ai compris qu’en me braquant et en essayant désespérément de continuer à rester motivée alors que je ne l’étais plus, je me démotivais encore plus. On verra si cela me sert de leçon !

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